Le chêne Borgeot, géant de plus de 300 ans de la forêt domaniale de Pourlans, en Saône-et-Loire, a été abattu par l’Office national des forêts. Affaibli par les sécheresses et privé de son houppier après la canicule de cet été, l’arbre était devenu dangereux pour les promeneurs qui venaient l’admirer.
- Un chêne pédonculé de 38 mètres de haut et 165 cm de diamètre à 1,30 m du sol.
- Abattu le vendredi 30 octobre par des bûcherons mandatés par l’ONF.
- Cause : un état sanitaire jugé « déplorable », aggravé par la sécheresse et la canicule.
- Le bois sera mis en vente publique d’ici quelques mois.
Les points :
Qui était le chêne Borgeot ? #
Dans la Bresse du nord, tout le monde connaissait cet arbre. Le chêne Borgeot devait son nom au sénateur Charles Borgeot, mort en 1962. Certains le surnommaient « le président » de la forêt de Pourlans, d’autres son « roi ». C’était un arbre recensé, qui attirait des visiteurs bien au-delà du village.
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Ses mesures donnent le vertige : 38 mètres de hauteur et un tronc de 165 centimètres de diamètre mesuré à 1,30 mètre du sol, la hauteur de référence des forestiers. Ces chiffres sont rapportés par Le Journal de Saône-et-Loire, qui a suivi l’abattage sur place.
Son âge exact reste à préciser. Il sera affiné en comptant les cernes, ces anneaux de croissance visibles sur la face coupée du tronc. Un exercice qui intéresse autant les forestiers que les amateurs de botanique, puisque chaque cerne raconte une saison, sèche ou humide.
Pourquoi l’ONF a dû l’abattre #
La décision n’a pas été prise à la légère. Selon le technicien de l’ONF Fabrice Pugeaut, cité par le JSL, l’arbre était dans un état sanitaire « déplorable ». Deux ans plus tôt, une partie de sa couronne était tombée après un coup de vent. Et cet été, avec la canicule, la dernière partie vivante du houppier est morte.
Un arbre aussi visité, qui perd de grosses branches, pose un problème de sécurité évident. L’ONF le surveillait depuis des années. Le jour de l’abattage, un arboriste grimpeur a d’abord coupé une grosse branche pour éviter que le tronc ne se fende pendant la chute, puis l’équipe de bûcherons a tronçonné le pied, devant une trentaine de curieux.
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La séquence a aussi été filmée par Le Figaro, signe de l’émotion suscitée par la disparition de cet arbre emblématique.
Le chêne pédonculé face à la sécheresse #
Le cas du chêne Borgeot éclaire une fragilité bien connue des forestiers. En France, deux chênes dominent les forêts de plaine : le chêne pédonculé (Quercus robur) et le chêne sessile (Quercus petraea). Le pédonculé est particulièrement sensible à la sécheresse, un point souligné par le JSL pour expliquer la décision de l’ONF.
Comment les distinguer
Le nom dit l’essentiel. Chez le chêne pédonculé, les glands sont portés par un long pédoncule, tandis que la feuille a un pétiole très court, avec deux petites oreillettes à la base du limbe. Chez le chêne sessile, c’est l’inverse : glands presque collés au rameau, feuille au pétiole plus long et à la base en coin.
En automne, c’est le bon moment pour faire l’exercice en forêt : les glands tombés au pied des arbres permettent souvent de trancher, à condition de trouver encore leur pédoncule intact.
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Des vieux arbres de plus en plus exposés
Les arbres très âgés supportent mal les étés secs à répétition. Leur couronne se dégarnit par le haut, des branches charpentières meurent, et le bois mort fragilise l’ensemble. C’est exactement ce scénario qui a frappé le chêne de Pourlans, d’abord par une branche tombée, puis par la mort de son houppier.
Ce que devient le géant #
Après sa chute, le tronc a été débardé jusqu’en lisière de forêt. Après un diagnostic de son état, il sera mis en vente publique d’ici quelques mois. La scierie la plus offrante devra venir le chercher par ses propres moyens. Selon le débardeur interrogé par le JSL, aucune scierie de la région n’aurait les capacités de travailler une bille de ce diamètre.
La forêt de Pourlans aura un nouveau « président ». Le chêne abattu était en réalité le deuxième du nom : un premier chêne Borgeot avait déjà été abattu il y a une dizaine d’années. Un autre arbre remarquable de la forêt domaniale doit être baptisé pour lui succéder.
Reste l’inquiétude des forestiers. « Celui qu’on a abattu ce vendredi, sans les sécheresses, il aurait pu vivre encore 100 ou 200 ans », a confié Fabrice Pugeaut au journal local.
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Questions fréquentes #
Où se trouvait le chêne Borgeot ?
Dans la forêt domaniale de Pourlans, dans la Bresse du nord, en Saône-et-Loire.
Pourquoi a-t-il été abattu ?
Son état sanitaire s’était fortement dégradé : une partie de la couronne était tombée il y a deux ans et le reste du houppier est mort pendant la canicule de l’été. Il menaçait la sécurité des visiteurs.
Comment reconnaître un chêne pédonculé ?
Ses glands pendent au bout d’un long pédoncule, et ses feuilles ont un pétiole très court avec deux petites oreillettes à la base.




