Le Muséum national d’Histoire naturelle vient d’ajouter trois vélins peints à sa collection, et l’un d’eux représente une plante décrite par la science il y a deux mois à peine : la preuve que le dessin botanique reste, en 2026, un outil d’identification à part entière.
- Le Muséum a annoncé le 25 octobre 2026 l’entrée de trois nouveaux vélins dans ses collections.
- L’un d’eux, signé Ludivine Longou, montre Dombeya boulletiana, une Malvacée découverte à Mayotte.
- Les trois œuvres ont été commandées pour l’exposition « Artistes au Muséum », visible jusqu’au 7 mars 2027.
- La collection de vélins du Muséum compte désormais environ 7 000 pièces.
Les points :
Que sont ces trois nouveaux vélins ? #
Selon l’annonce publiée par le Muséum le 25 octobre, trois illustrateurs de l’Atelier d’iconographie scientifique ont chacun réalisé une œuvre, sur un support différent.
Jean-François Dejouannet a peint, à l’aquarelle sur vélin traditionnel, une reconstitution d’un groupe d’ornithomimosaures, des dinosaures du gisement d’Angeac-Charente dont l’espèce est encore en cours de description. Didier Geffard-Kuriyama a représenté un foraminifère de la famille des Rosalinidae, un micro-organisme marin, en tirage unique rehaussé d’encre aquarellable.
La troisième œuvre est celle qui intéresse directement les amateurs de plantes : une aquarelle de Dombeya boulletiana par Ludivine Longou, réalisée sur un papier végétal de qualité vélin.
Pourquoi peindre une plante qu’on peut photographier ? #
Dombeya boulletiana est un arbrisseau de la famille des Malvacées, celle des mauves et des hibiscus. Il a été découvert sur le mont Choungui, à Mayotte, et décrit officiellement en septembre 2026, comme le rapporte le Muséum dans sa présentation de la découverte. Nous avions raconté cette découverte au moment de sa publication.
Le détail qui compte : l’illustration de Ludivine Longou figure aussi dans la publication scientifique parue le 10 septembre 2026. Le dessin n’est donc pas un simple hommage après coup. Il accompagne la description de l’espèce, au même titre que les mesures et les spécimens d’herbier.
Une photographie montre un individu, à un moment donné, sous une lumière donnée. Une planche botanique, elle, peut réunir sur une même feuille ce que le terrain ne montre jamais en même temps : le bouton, la fleur ouverte, le fruit, le revers d’une feuille, une coupe agrandie. C’est ce choix des caractères utiles qui en fait un outil d’identification.
Comment lire une planche botanique pour identifier une plante ? #
Face à une planche ancienne ou récente, le réflexe est de regarder d’abord le port général. Mieux vaut commencer par les détails isolés en marge, car ce sont eux que l’illustrateur a jugés décisifs.
Les organes reproducteurs d’abord
Chez les Malvacées, les étamines sont souvent soudées en colonne autour du style. Une bonne planche les montre agrandies, à part. C’est ce genre de caractère qui distingue deux espèces voisines, bien plus que la couleur d’une corolle, qui varie avec l’âge de la fleur et la lumière.
La feuille, recto et verso
Pilosité, nervures, forme de la base : le revers d’une feuille porte beaucoup d’informations. Sur le terrain, prenez l’habitude de photographier les deux faces, et de noter si la plante est un arbre, un arbuste ou une herbacée. Vous reconstituez ainsi, en partie, le travail de l’illustrateur.
L’échelle
Une planche sérieuse indique les grossissements. Sans échelle, une fleur de quelques millimètres et une fleur de plusieurs centimètres se ressemblent sur le papier. Dans un carnet de terrain, une pièce de monnaie ou une règle posée à côté du sujet rend le même service.
Où voir ces vélins ? #
Les trois œuvres ont été commandées pour l’exposition « Artistes au Muséum », qui célèbre les 400 ans de l’établissement. D’après la Ville de Paris, elle se tient à la Grande Galerie de l’Évolution, 36 rue Geoffroy-Saint-Hilaire (Paris 5e), du 23 septembre 2026 au 7 mars 2027, et réunit plus de 300 œuvres : peinture, sculpture, dessin, photographie, taxidermie, cinéma et architecture.
Le parcours part de la fondation du Jardin des plantes en 1626 et montre comment artistes et scientifiques ont regardé le vivant au fil des siècles. Pour qui s’intéresse à l’identification, c’est l’occasion de comparer les manières de représenter une plante d’une époque à l’autre, et de voir ce qui a changé ou non dans le choix des détails montrés.
Une collection qui sert aussi la conservation #
Le Muséum précise que la réalisation de ces vélins a pris plusieurs mois. Elle a aussi servi d’archéologie expérimentale : refaire aujourd’hui les gestes et les supports des peintres d’autrefois aide les équipes à comprendre comment conserver les quelque 7 000 vélins de la collection.
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Pour les botanistes amateurs, la leçon est simple. Le dessin d’observation n’a rien perdu de son utilité à l’heure des applications de reconnaissance. Il oblige à regarder la plante organe par organe, ce qui est précisément la démarche d’une clé de détermination.
Questions fréquentes #
Qu’est-ce qu’un vélin au Muséum ?
C’est une peinture, souvent une aquarelle, réalisée sur une peau fine ou sur un papier de qualité équivalente, représentant un animal, une plante ou un objet naturel avec une précision scientifique. Le Muséum en conserve environ 7 000.
Où se trouve Dombeya boulletiana ?
Cet arbrisseau de la famille des Malvacées a été découvert sur le mont Choungui, à Mayotte. L’espèce a été décrite en septembre 2026.
Jusqu’à quand voir l’exposition « Artistes au Muséum » ?
Jusqu’au 7 mars 2027, à la Grande Galerie de l’Évolution, au Jardin des plantes à Paris.
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